La « gestion adaptative » repose sur de mauvais postulats et une inconsistance scientifique: la SNPN en montre les dangers

Ce texte provient du vice-président de la SNPN, François Moutou, scientifique de renom.

Il montre l’évolution réglementaire et rhétorique actuelle va contribuer à mettre à mal les espèces sauvages.

Chère adhérente, cher adhérent,
Bonjour,

Vous avez dit gestion adaptative ?


Devons nous rappeler que la France à plus de 60 espèces chassables alors que la moyenne est de 39 et qu’une partie des espèces chassables en France est en fait considérée comme vulnérable en Europe ? Peut-on encore aujourd’hui distinguer la chasse dite de subsistance de la chasse dite de loisirs, tant leurs conséquences finissent par se ressembler ?


La première, associée à la démographie humaine et à la régression des espaces sauvages conduit progressivement à la diminution de nombreuses populations animales et à la disparition de certaines d’entre elles.
La seconde se pratique plutôt dans des régions où l’agrochimie, le développement global des activités humaines, toujours en lien avec la démographie, ont éliminé ou réduit de nombreux habitats naturels et la petite faune associée. Cela est compensé d’une part par l’élevage et le tir de plusieurs dizaines de millions d’oiseaux par an et d’autre part par un report des intérêts cynégétiques sur quelques ongulés, bien favorisés depuis quelques décennies. Les impacts sanitaires et économiques ne manquent pas.


Cette chasse repose sur le principe consistant à dire que puisque les espèces produisent chaque année plus de descendants que le milieu ne peut en accueillir, prélever ce surplus ou une partie maîtrisée de ce surplus n’a pas ou peu d’incidence sur les populations sources. Le raisonnement souffre néanmoins de biais. Qui peut affirmer que ce surplus n’est pas important pour la survie des espèces correspondantes et qui peut prétendre que la chasse « sélectionne » de la même manière que le milieu ?
Il faudrait également connaitre assez précisément les effectifs de toutes les espèces chassées, le niveau des prélèvements et leurs impacts sur ces mêmes populations, ce qui n’est toujours pas le cas. Ce principe de gestion ne semble donc pas encore adapté à la réalité de ces espèces. Proposer maintenant une gestion dite adaptative pour pouvoir chasser des espèces dont le mauvais état de conservation est connu et reconnu laisse supposer que la reconquête de la biodiversité, évoquée par une loi de 2016, s’éloigne encore un peu plus.

François MOUTOU, Vice-président de la SNPN

En ligne:
http://2kqdu.r.a.d.sendibm1.com/mk/mr/jhXrbA72o5iYn63w24770Q3Ig6qbEf9w1Ig6f8Pug5yV9Vb4yq8y_GQTcprf4UC_ZOWcgIq3btnUlRH2TEDPxoK544SnMuaB54VU5jeSkmbX3is

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